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Comment appliquer un pressing efficace ? (Partie 1)

Action tactique collective par excellence, le pressing est utilisé par les plus grands clubs du monde. Dans cet article, nous allons voir ce qu’est un bon pressing et pourquoi et quand l’utiliser. Dans la deuxième partie, nous verrons concrètement comment l’effectuer dans différents systèmes de jeu. Terminez votre jus d’orange et prenez le temps de parcourir cet article.

Avant toute chose, commençons par définir ce qu’est un bon pressing :

Raynald Denoueix

« C'est être capable dans un premier temps de bien contrôler le porteur, pour agir ensemble. C'est être proche de lui, sans se faire éliminer. On est juste face à l'attaquant, toujours "vivant" pour défendre, et on l'oblige à déclencher une passe. Dès lors, les autres autour doivent être en mesure, par leur approche, soit d'intercepter cette passe, soit de bloquer celui qui va la recevoir. Si l'approche n'est pas bonne, l'équipe va se mettre en danger car elle va perdre très vite un, deux, trois joueurs ou plus dans l'action de récupération ! Jusqu'à se retrouver en infériorité numérique… »

Les différentes formes de pressing

Le pressing collectif : utilisé dans les zones de jeu où nous avons une grande densité de joueurs. L’idée est par exemple de presser dans les zones où nous sommes en supériorité numérique (ex. 3 vs. 2 ou 4 vs. 3).  Un autre exemple est d’également presser lorsque l’équipe adverse n’est pas organisée (phase de transition). Ce style a été notamment popularisé par le FC Barcelone de Pep Guardiola.

Le pressing individuel : souvent utilisé dans le tiers offensif pour obliger l’adversaire à se précipiter. L’objectif est ainsi de forcer l’adversaire à faire une erreur et/ou à jouer long. Dans ce type de pressing c’est le joueur le plus proche qui va mettre la pression. Afin de pouvoir maintenir ce type de pressing durant 90 minutes, il est nécessaire de trouver des moyens de gérer le tempo du match. Marcelo Bielsa a notamment popularisé ce type de pressing sur tout le terrain.

Le pressing stratégique : il s’agit de tendre un piège à l’adversaire. Le but ici est de volontairement laisser des zones de jeu ouvertes pour forcer l’adversaire à y jouer. Dès que le ballon arrive dans la zone voulue, l’équipe ferme toutes les options de passes possibles et enferme l’adversaire. Il s’agit d’un pressing notamment utilisé par l’Atletico Madrid de Diego Simeone.

Pourquoi effectuer un pressing ?

Comme on peut le lire ci-dessus, le pressing est une action collective tactique extrêmement fine. La moindre faille peut donc donner lieu à une situation critique pour notre équipe. Par conséquent, la plupart des équipes ne prennent pas ce risque et se contentent de se replacer pour contrôler la progression adverse. Il n’y a qu’à voir lors des EURO ou des Coupes du Monde où les joueurs ont moins d’automatismes qu’en club. Le pressing y est quasiment inexistant. Dès lors, pourquoi les tous grands clubs prennent ce risque ?

Car malgré les risques, il y a également d’énormes bénéfices. En voici quatre :

  1. Forcer l’adversaire à se débarrasser du ballon et ainsi regagner la possession
  2. Récupérer le ballon haut pour maintenir la pression sur l’adversaire et dans le même temps concéder moins d’occasions
  3. Intercepter le ballon et placer une attaque rapide afin de se créer des occasions de but franches
  4. Prendre un ascendant psychologique sur l’adversaire dès le début du match, voire mener rapidement au score

Néanmoins, on n’engage pas un pressing à n’importe quel moment. Il existe des déclencheurs définis par le coach et travaillés à l’entraînement. Découvrons une liste plutôt exhaustive dans la suite de cet article.

Pressing collectif : l’équipe adverse n’est pas organisée

Brendan Rodgers

« On ne peut pas presser tout seul. On travaille en zone, ce qui signifie que quand c'est dans ma zone je dois pouvoir effectuer un pressing. Cette capacité à presser immédiatement durant 5 à 6 secondes pour récupérer le ballon est importante. Mais il faut aussi reconnaître quand on ne peut pas et quels sont les signaux pour presser à nouveau car on ne peut pas courir sans cesse comme un cinglé. »

A la perte de balle : Au moment où nous perdons le ballon, l’équipe adverse est toujours dans une formation défensive. Le bloc adverse est compact, les joueurs proches les uns des autres. C’est donc un moment idéal pour presser l’adversaire car celui-ci n’est pas en condition optimale de faire circuler le ballon. Il est par contre inutile de continuer le pressing si le ballon n’a pas été récupéré dans les 5 à 6 secondes qui suivent la perte. On ne peut évidemment pas presser durant 90 minutes, c’est physiquement impossible. Dès lors, on se replace défensivement et nous attendons le prochain signal pour engager un nouveau pressing.

Supériorité numérique : L’équipe adverse joue dans une zone où nous sommes en supériorité numérique. Nous devons donc utiliser cet avantage pour tenter de récupérer la possession du ballon. Il s’agit tout simplement d’une prise à deux ou à trois d’un joueur adverse.

Pressing individuel : l’adversaire est en situation délicate

Le pressing est essentiellement une affaire collective et organisée. Il existe néanmoins bon nombre de situation où celui-ci peut être fait de manière individuelle. Certains font la différence entre pressing (collectif) et pression (individuel). L’idée est donc de mettre sous pression le joueur qui reçoit/va recevoir un ballon difficile à maîtriser. Quelques exemples de situations :

  1. Transversale
  2. Mauvaise prise de balle
  3. Ballon qui rebondit
  4. Passe mal dosée
  5. Ballon qui arrive sur le mauvais pied
  6. Joueur faible techniquement ou pas en confiance
  7. Mauvais état du terrain

Dans chacune des situations ci-dessus, le joueur qui reçoit le ballon va devoir diriger son attention sur le ballon. Dès lors, il perd la notion de ce qui se passe autour de lui ce qui permet de le surprendre en le pressant.

1 contre 1 dans le tiers offensif : cette situation s’agit d’un pari. Le ballon étant loin de notre surface et proche de celle de l’adversaire, il peut être intéressant d’aller presser le défenseur. Si notre joueur est éliminé, les dommages sont minimes. Par contre, s’il récupère le ballon, les conséquences peuvent être terribles pour l’adversaire avec une occasion claire de but.

Pressing stratégique : Piéger l’adversaire

Un type de pressing de plus en plus utilisé par les équipes. Le but ici est d’amener l’adversaire à jouer dans des zones où il nous sera possible de le mettre en difficulté. On cherche donc à piéger l’adversaire. Le terme de Pressing Trap est apparu pour décrire ce type de pressing.

L’un des traps les plus communs est d’amener l’adversaire à jouer sur les côtés et l’y enfermer. On force donc l’équipe adverse à jouer sur son latéral, son milieu excentré ou son ailier. Lorsque le ballon arrive dans cette zone, nos joueurs vont presser agressivement. On cherche ainsi à isoler le porteur et à l’empêcher de retrouver l’axe du terrain. Pourquoi cette façon de faire est-elle particulièrement utilisée ?

Pep Guardiola

« La ligne de touche est le meilleur défenseur du monde. »

Simplement car la ligne de touche crée une situation où l’adversaire a un champ d’action réduit. Mathématiquement, l’espace utilisable est donc de 180° contre 360° dans l’axe du terrain.

Un autre trap (souvent mal) utilisé par beaucoup d’entre nous est lorsque l’adversaire fait une passe en retrait. A tous les coups nous demandons à notre bloc de monter. C’est très bien, sauf que nous nous arrêtons souvent lorsque le ballon va au gardien. Mais pourquoi ? Souvent c’est le joueur le plus faible aux pieds de l’équipe. Alors pourquoi se priver d’une telle faiblesse ? C’est la meilleure occasion qu’il balance le ballon et que nous puissions donc le récupérer. C’est rarement le joueur qui lance le pressing qui va récupérer le ballon. Soit l’adversaire s’en débarrasse, soit c’est un deuxième ou troisième joueur qui le récupère.

pressing atletico
L’Atletico Madrid va mettre la pression jusque sur le gardien adverse en le forçant à jouer sur son côté droit. Le piège se referme…

Comment BIEN réussir un pressing ? (Partie 2)

Dans la deuxième partie de cet article, nous verrons ensemble comment mettre en place le pressing trap de la ligne de touche. Nous l’étudierons avec différents systèmes de jeu à 1, 2 ou 3 attaquants. De cette façon vous pourrez l’adapter à votre équipe quel que soit le système dans lequel vous jouez. Nous verrons également comment optimiser le pressing à la perte de balle.

En ce qui concerne le pressing individuel il ne sera pas plus développé. Bien qu’il semble être intéressant à mettre en place sur certains matchs, je ne l’ai jamais utilisé. Je ne peux donc pas parler de quelque chose que je ne maîtrise pas. De plus, il semble avoir montré ses limites (surtout physiques) dans le temps. Rappelez-vous de l’OM de Bielsa ou le FC Séville de Sampaoli…

J’espère que cet article aura pu vous faire changer de point de vue sur le pressing. Que vous ne souhaitez ainsi plus voir vos équipes défendre passivement. Et donc que vous n’hésitiez plus à faire de votre équipe une équipe agressive. Si tel devait être le cas, terminons cet article comme nous l’avons commencé. Par une citation de Raynald Denoueix :

« Presser, c'est une arme essentielle du football d'aujourd'hui. Indispensable ! »

Crédits images & vidéos

  • Sky Sports
  • SoFoot
  • PremierLeague365
  • Thomas Rodenbücher, Wikimedia Commons
  • Spielverlagerung

2 Commentaires

  1. Bonjour Dia et merci pour ce retour. J’espère que la partie 2 à venir, plus analytique, te plaira également.

  2. Ton article est très intéressant, bien construit et complet. Je suis d’accord avec pas mal de points de vue

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